
Acte de cession de fonds de commerce : mentions, obligations et étapes clés
La vente d'un fonds de commerce est une opération juridique complexe, encadrée par des règles précises afin de garantir la sécurité des parties. Si la loi a récemment simplifié certaines obligations formelles, plusieurs informations restent essentielles pour sécuriser la transaction.
Dans cet article, nous faisons le point sur ce que doit contenir l'acte de cession, les documents comptables à fournir, les formalités de publicité, le paiement du prix, ainsi que la solidarité fiscale qui pèse sur l'acquéreur.
I - Mentions et informations à faire figurer dans l'acte
1. Plus d'obligation légale... mais une vigilance indispensable
Depuis la loi du 19 juillet 2019, l'article L141-1 du Code de commerce a été abrogé. Il n'existe donc plus de mentions obligatoires à peine de nullité dans l'acte de vente. Toutefois, par précaution, les professionnels conservent la pratique d'inclure les anciennes mentions obligatoires, afin d'éviter tout litige ultérieur.
Ces mentions incluent notamment :
• L'origine de propriété du fonds,
• L'état des inscriptions grevant le fonds,
• Le chiffre d'affaires et les bénéfices des trois derniers exercices,
• Les résultats mensuels depuis la clôture du dernier exercice jusqu'au mois précédent la vente.
2. Clauses souvent ajoutées dans l'acte
Pour sécuriser la transaction, certaines clauses contractuelles sont fréquemment ajoutées :
• Clause de non-concurrence et de non-rétablissement du vendeur,
• Clause relative à la prise en charge des frais d'enregistrement (en principe à la charge de l'acheteur, sauf accord contraire),
• Clause relative au séquestre du prix de vente.
II - Informations comptables à fournir (Article L141-2 C. com)
• Le jour de la vente, un document doit être présenté mentionnant le chiffre d'affaires mensuel réalisé entre la clôture du dernier exercice et le mois précédent la cession.
• Le vendeur doit mettre à disposition de l'acheteur, pendant trois ans, les livres comptables des trois exercices précédents.

III - Formalités après la signature de l'acte
1. Publicité légale et délai d'opposition des créanciers
L'acte de cession doit être publié dans un journal d'annonces légales (JAL) dans un délai de 15 jours après la signature (C. com. art. L141-12). Cette formalité permet aux créanciers du vendeur de faire opposition au paiement du prix dans un délai de 10 jours à compter de la publication.
Ensuite, l'acquéreur a 3 jours pour notifier la vente au greffe du tribunal de commerce, qui procédera à la publication de l'avis au BODACC (Bulletin Officiel des Annonces Civiles et Commerciales).
2. Enregistrement fiscal de l'acte
L'acte doit être déposé :
• Sans délai s'il est sous signature privée,
• Dans le mois s'il est authentique (passé devant notaire),
auprès du service fiscal de l'enregistrement. Des droits d'enregistrement sont dus à cette occasion.
IV - Paiement du prix de vente
Le prix peut être versé directement au vendeur, mais dans la majorité des cas, il est séquestré (souvent par un notaire) en attendant la fin du délai d'opposition des créanciers.
Le séquestre dispose alors de 105 jours à partir de la date de l'acte pour répartir le prix. Ce délai peut être prolongé de 60 jours si le vendeur tarde à transmettre sa déclaration des bénéfices.
En l'absence de répartition, la partie la plus diligente peut saisir le tribunal judiciaire pour obtenir le dépôt du prix à la Caisse des Dépôts ou la nomination d'un séquestre répartiteur (C. com. art. L143-21).
2. Qui paie les frais de séquestre ?
Les honoraires du séquestre sont en principe à la charge de l'acheteur, sauf clause contraire dans l'acte de vente.

V - Solidarité fiscale : attention aux impôts du vendeur
Le délai de solidarité est de :
• 3 mois à compter de la déclaration de résultats (si elle est faite dans le délai imparti),
• 30 jours si trois conditions sont réunies :
Avis de cession transmis à l'administration dans les 15 jours suivant la publication dans le JAL,
Déclaration de résultats déposée dans les 60 jours,
Vendeur à jour de ses obligations fiscales.
L'acte de cession de fonds de commerce ne se résume pas à une simple formalité. Il constitue le pilier juridique de la transaction, engageant la responsabilité des parties sur le long terme.
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Publié le 16/05/2025 par
Kapitol immobilier




