
Comprendre la clause-recette dans un bail commercial : un loyer indexé sur le chiffre d’affaires
Dans un bail commercial, le montant du loyer est un élément essentiel de la négociation entre le bailleur et le locataire. Si le plus souvent le loyer est fixé de manière stable ou soumis à des révisions triennales plafonnées par des indices, une autre option existe : la clause-recette. Ce mécanisme permet de fixer un loyer en fonction du chiffre d'affaires réalisé par le locataire, introduisant ainsi une dimension variable et plus souple dans la relation contractuelle. Décryptage.
Une clause adaptée aux activités commerciales
La clause-recette est principalement utilisée dans les baux commerciaux liés au commerce de détail, comme les restaurants, les boutiques, les salons ou les établissements implantés en galeries marchandes. Elle permet d'ajuster le loyer aux performances économiques du locataire, en intégrant une part de son chiffre d'affaires dans le calcul.
En période de croissance, cette clause permet au bailleur de profiter de l’essor de l’activité. En période plus creuse, elle évite de trop fragiliser le locataire avec un loyer trop élevé. C’est un partage des risques et des bénéfices, intéressant pour les deux parties.

Les différentes formes de clause-recette
Le loyer fixe + pourcentage du chiffre d'affaires :
c'est le format le plus courant. Un loyer minimum est garanti au bailleur, auquel s’ajoute un pourcentage du chiffre d'affaires encaissé. Exemple : 2 000 € de loyer fixe mensuel + 5 % du chiffre d’affaires mensuel HT.
Le loyer entièrement variable :
Dans ce cas, le montant du loyer dépend uniquement du chiffre d’affaires, sans loyer fixe. Ce type de clause est plus rare et peut être risqué pour le bailleur, notamment en cas de baisse ou de démarrage lent de l’activité.
Le loyer progressif par paliers :
le loyer varie selon des seuils de chiffre d’affaires prévus dans le contrat. Par exemple, 5 % jusqu’à 100 000 € de CA, puis 7 % au-delà. Cette formule permet d’anticiper des évolutions d’activité et de mieux répartir l'effort financier dans le temps.
Les enjeux pratiques et fiscaux de la clause-recette
Si cette clause offre de la flexibilité, elle nécessite aussi une transparence comptable du côté du locataire. En pratique, celui-ci doit transmettre régulièrement ses chiffres d’affaires au bailleur, souvent accompagnés de justificatifs ou d'attestations comptables. Cela peut représenter une charge administrative non négligeable, surtout pour les petites structures.
D’un point de vue fiscal, le loyer issu de la clause-recette reste soumis aux règles habituelles de TVA et d’imposition, comme n’importe quel autre loyer commercial. Le bailleur doit simplement veiller à bien déclarer les montants perçus en fonction de la répartition réelle.
Bon à savoir : la clause-recette ne doit pas être imposée unilatéralement. Elle doit résulter d’un accord entre les parties, et sa rédaction doit être faite avec rigueur, de préférence avec l’aide d’un professionnel du droit ou de l’immobilier commercial.

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Publié le 10/07/2025 par
Kapitol immobilier




